Retour aux sources Alpines

La décision est prise. On développe un pôle d’actions en Rhone-Alpes. Parce qu’on vient de là. Mais surtout parce qu’il y a des ponts évidents à créer entre la mer et la montagne.

Objectif Terre Natale

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La Méditerranée, c'est bien, mais les montagnes alpines nous manquent. Alors comme rien n'est impossible, on va ramener la mer en altitude, comme au bon vieux temps (celui des fossiles de la Bastille de Grenoble, qu'on allait admirer avec l'école il y a un petit paquet d'années...)

Alors c'est parti, objectif terre natale ! On actionne le réseau, les pistes, les rencontres, on rappelle des anciens, on envoie des bouteilles à la mer : qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui.... ? Parce qu'on voit les choses en grand ! On ne veut pas seulement prévoir une tournée sur les lacs des Alpes avec le Spectacle sur voilier, mais on veut aussi intégrer la programmation des médiathèques et des Théâtres avec les Lectures scéniques (en création), se glisser dans les écoles, les collèges et les structures sociales avec le Parcours sensoriel de la Traversée, faire vivre une nuit en mer à travers notre Sieste acoustique (en construction) aux visiteurs des musées, des bibliothèques et des festivals rhône-alpins.

Vertige... qu'on aime.

Les Alpes hymalayennes ;)

Les Alpes hymalayennes ;)

Et au fil de la reconquête de notre terre natale, on se rend compte que -comme chaque chose qui contient sa logique interne et qui finit, à un moment donné, par la révéler- notre quête des origines aussi contient ses propres logiques, auxquelles nous n'avions pas vraiment songé (pour être honnête). Et que nous vous révélons ici.

Patience, ça vient.

 

Là où la mer n'est pas, elle sera. Et c'est important.

Il est des territoires où la mer n'est pas. Qu'ils soient ruraux ou citadins, ses habitants n'ont pas nécessairement l'opportunité d'avoir accès à cet univers d'horizon aux profondeurs encore méconnues. Pourtant, c'est de là que nous venons, tous. Et c'est de cela dont dépend notre survie. Mais aussi, c'est ici qu'on trouve des kilomètres de plastique et de nappes de pétrole, de poissons asphyxiés et de poulpes à l'intelligence étouffée.

Alors on se dit que renouer avec nos origines, aussi lointaines soient-elles, et se lier à notre plus petit dénominateur commun, à tous, ça ne peut qu'être bénéfique. Pour une humanité aux repères quelque peu... brouillés, et pour tout ce qui est en relation avec nous, de près ou de loin. Autrement dit, notre environnement.

 

La mer et la montagne = kif kif

 

J'ai toujours vu la mer dans la montagne. Oui. Il suffit de peu de pas pour nager dans la roche.

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Au détour d'un sentier, les vagues du temps se dressent. Je passe, sans être emportée, car celle-ci se fracassera certainement dans plusieurs milliards d'années.

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Vue de dessus, c'est la houle à perte de vue.

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Et même, les traces de l'océan passé sont là.

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Et, la personne qui connait l'expérience de la haute montagne connait d'une certaine manière l'expérience de la pleine mer. Imaginez : cette personne est seule, en pleine nature, entourée d'horizon aussi sublime que dangereux. Elle se sent bien petite et bien fragile dans cette immensité. Ici, les étoiles brillent comme nulle part ailleurs. Et là, le lien entre soi et le monde semble direct, sans intermédiaire, sans obstacle. La personne est alors toute chamboulée. Elle comprend physiquement que ce qui l'entoure ne lui est pas étranger. Qu'elle en fait partie. Et même plus : que d'une certaine manière, à un certain endroit difficile à décrire, elle EST ce qui l'entoure. Une conscience sans mot qui vient comme un éclair déconstruire toutes ses habitudes de pensée. Paf ! Explosés ses schémas et l'image qu'elle a d'elle-même. Elle est plus vaste que les frontières de son corps veulent bien lui montrer. Puis, elle retourne à sa vie plus urbaine, mais elle comprend que rien ne sera plus jamais pareil. Parce qu'elle a découvert là le plus petit dénominateur commun qui la relie au monde. Parce qu'elle a compris que son cœur bat au rythme de la Terre qui tourne. Parce qu'elle a rencontré un refuge où elle peut exister vraiment.

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Une traversée de l'Atlantique à la voile, c'est comme une traversée des Alpes à pieds. Qui se passe de mots.

 

Et le désert ?

Oui, c'est vrai ça, le désert ? Ca doit être pareil. Oui. Il faudrait aller voir. Et peut être qu'alors on pourrait développer le projet de la Cie dans le désert. Amener l'expérience d'une traversée en mer dans cette immensité de sable... D’oasis en oasis… Bon. On laisse passer un an ou deux, et on reparle.

Hop, « désert » dans la boîte à idées.


Crédits photos : G.B Riton / Renaud Menoud

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