LA conférence dansée

L'humanité marche sur un fil, tremblante. L'effondrement comme promesse d'avenir, elle a troqué l'espoir du progrès contre la nostalgie du futur.

Jamais il n'a été aussi difficile de se projeter dans nos lendemains, et de se positionner dans le monde en devenir. Pourtant, il n'a jamais été aussi important de le faire. Car le fil sur lequel nous marchons peut se rompre, et nous lâcher dans un monde que nous n'aurons pas désiré.

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QUE VOULONS-NOUS DEVENIR ?

Une question aussi simple que complexe qui en soulève une autre, née en même temps que l'être humain :
Appartient-on, oui ou non, à la nature ?

De la réponse à cette question dépend l'avenir.

D'un côté l'idée que l'Homme, par le progrès technique et technologique, peut s'augmenter et se libérer enfin des contraintes naturelles. De l'autre côté, l'idée que nous sommes partie de la nature, et que c'est en renforçant notre lien avec celle-ci que nous pourrons non seulement survivre, mais grandir, nous « augmenter » en somme.

Deux positionnement aux conséquences concrètes radicalement différentes, que nous devons regarder et nous approprier, pour pouvoir choisir, et ainsi participer au dessin de demain.

Alors avec la Conférence dansée « l'An 0 », nous partons en recherche.
Et nous nous positionnons.

Le point de départ : une traversée de l'Atlantique à la voile, où, pendant plusieurs semaines, nous avons partagé un quotidien fait d'observation, d'horizon, de vagues, de ciels et de temps suspendus. Une expérience qui a bouleversé notre regard sur l'univers marin, le monde, et sur elles-mêmes, et nous a ouvertes à cette prise de conscience : nous ne sommes pas témoins de ce monde, nous en faisons partie.

DU DÉSIR DE PRENDRE SOIN

Une première pierre dans la réflexion, qui nous entraine à cette conséquence directe et si simple : la nature qui s'abime m'abime. Et là, c'est un désir qui naît, profond et puissant, de prendre soin de ce qui m'entoure comme de moi-même.

Et immédiatement cette intuition qui vient expliquer notre malaise quotidien : pour pouvoir sauver nos océans et nos écosystèmes, mettre en place des politiques de long terme et s'engager pour de bon, il ne suffira pas de se sentir concerné par la « question » de l'environnement, mais il faudra se sentir appartenir, pour de bon, à ce qui nous entoure.

UNE RÉFLEXION EN COOPÉRATION pour se questionner et se positionner

Cette réflexion, nous la menons et la mettons en question avec nos outils -le corps et les mots de la pensée et de l'intuition- en lien avec avec la recherche scientifique.

Les voix de l'expérience vécue : des mots et du corps

Deux voix bien distinctes, deux chemins de pensée, qui trouvent leur point de jonction dans l'expérience vécue.

La parole

Flore mène une réflexion sensible en prise directe avec la découverte de l'univers marin et l'expérience d'une traversée en mer. Elle livre ses découvertes, ses colères, ses joies et ses fulgurances alors qu'elle était entourée d'horizon. Elle tente de partager la métamorphose vécue : de la contemplation au sentiment d'appartenance, jusqu'à l'identification avec cet l'environnement qui l'entoure. Et elle s'essaye à partager son désir alors né, de protéger ce qui l'entoure tout comme elle désir se protéger elle-même.

La danseuse

En pleine mer, Fanny a gravé dans son corps l'espace restreint en même temps que l'immensité. Du monde, de l'océan, du bateau, d'elle-même. De cette expérience découle un désir d'expérimentation nouvelle : l'augmentation d'elle-même.

Elle s'essaye alors avec enthousiasme et avec son corps aux possibilités d'augmentation des potentialités humaines, les siennes. Elle expérimente et éprouve le fait d'être forte, d'aller plus haut, plus vite, de voler, de ne pas dormir, d'être polyglotte... Grâce à des apports techniques et technologiques. Dans la tentative sincère et physique, elle éprouvera certainement du plaisir, sera grisée, parfois frustrée ou dégoutée, et à d'autres moment exaltée. Avec ses corps multiples, elle créera une chorégraphie qui mènera de l'enthousiasme au sentiment d'absurde, de la peur à la joie, et qui provoquera le questionnement, conséquence de l'expérience.

Le/la scientifique

Avec Fanny la danseuse, un.e scientifique cherche. Son objet de recherche pourra être le lien entre l'homme et l'intelligence artificielle, l'augmentation des potentialités humaines (transhumanisme), ou encore le biomimétisme. Par l'expérimentation sur le corps de la danseuse, il provoquera des pistes de réflexion :

→ Être augmenté, qu'est ce que c'est ? Qu'est ce que cela implique, physiquement, mentalement ?
→ Où est ce que l'augmentation libère ? Où est ce qu'elle empêche ? Quelle est le point vacillant entre les deux ?
→ Quelle limite entre l'humain et le non humain ? L'humain et l'animal ? L'humain et l'intelligence artificielle ? Quels sont les liens ?

 
 

 

Equipage artistique:
Auteures-interprètes : Fanny Viénot et Flore Viénot
Collaboratrice Artistique : Angèle Peyrade Créatrice sonore : Marie Doyeux
Scénographe : Federica Buffoli

Public : à partir de 13ans

Durée : 1h