SUITE
Un jour donc, on a quitté les rives rassurantes de l’enfance et on a traversé l’Atlantique à la voile.
Entourées d’horizon, on a fait là une incroyable découverte
Je suis le vent
Je suis l’air de la mer
Je suis
Rien.
On est : « rien » ?
T’es sûre ?Et une sacrée trouvaille
Nous ne sommes pas étrangères à ce qui nous entoure. Et même ! On appartient à ce qui nous entoure. Et même ! On "est" ce qui nous entoure. Et même ! On entoure ce qui est. Ce qui nous entoure est nous. ( Attention, je vais bientôt être larguée… ) On est la périphérie du centre. Mais oui ! C'est ça : On n'est pas le centre du monde.
"On est pas le centre du monde"
+
"on est rien » ?
Mais on est quoi ?Un art du Lien
Aujourd’hui, par la poésie des corps, des objets, des voix et des mots, nous partageons cette expérience intime, sensible et qui révolutionne nos rapports aux autres et aux choses.
« Rien »
+
« Pas le centre du monde »
=
Faire la révolution ?
J’a-dore. Alors nous hissons nos voiles partout où le vent nous mène, car nous sentons l’urgence que les arts continuent à infuser jusqu'aux moindres recoins des campagnes et des villes.
Notre cap :
que les liens, les ponts entre les mondes et les espaces de dialogues fleurissent.
Et que l'aventure et l'horizon coulent à flots.
On a soif.
De notre traversée
aux spectacles
De retour de voyage, nous ressentons un besoin de partager cette expérience vécue, et d’adopter une nouvelle manière de vivre.
C’est là que notre bateau, le Kaïros, est devenu scène de spectacle.
Le grand large, partout avec nous.
Puis nous décidons de transporter cet univers de la mer sur la terre ferme avec
Le Récit conté et chanté Entre deux Rives (2020)
Le Parcours Sensoriel Au fil de l’eau au fil de l’Autre (2018)
Le voyage sonore Une nuit en mer (2023)
Le spectacle Quand nous portera l’Océan (2024)
Puis le grand large vient imprégner de son souffle toutes les créations de la Compagnie, au delà des mers et des océans
Le sentiment océanique nous sauvera*
Vivre l’expérience de se sentir devenir autre chose que soit même.
Devenir du plancton, une vague, un ver de terre.
Se sentir intimement appartenir au monde.
Une expérience vécue grâce à l’ennui de l’horizon à perte de vue. Et qui vient nourrir notre désir de prendre soin de ce qui nous entoure comme de nous-mêmes.
On se dit que c’est une bonne graine à semer, pour participer à un monde plus enviable que celui qui se profile à l’horizon.
Et c’est un courant d’air pour l’imaginaire : ça décoiffe !
*peut-être.
à nous de jouer
Nous créons, dans nos espaces de jeu où le bric et le broc devient notre Royaume. Il y jaillit des danses, des chants, des mots, des jets d’objets, dans ce pays nommé Frontière.
Ici, nous essayons de faire pousser des forêts de dialogues, de cultiver les fragilités qui viennent sarcler la quête permanente de virtuosité, nous tentons d’amender l’horizontalité entre les êtres et les choses, de faucher les rapports de domination, de semer le désir de se mettre en mouvement, sans oublier la jachère quand c’est nécessaire (c’est chaud ça).
La montagne m’a mangée
Le ciel m’a dévorée
Le vent m’a aspirée
Les plis des pierres m’ont digérée.
Je suis
Rien.